ISP Interculturalité

Le mentorat

Un dispositif innovant pour favoriser l'insertion socioprofessionnelle des personnes étrangères ou d'origine étrangère

 

Présentation de projets mis en place par les IBEFE (Instance Bassin Enseignement qualifiant-Formation-Emploi), sous l'impulsion de l'ASBL Pour la Solidarité (PLS)

Le mentorat consiste, dans le cas précis, à favoriser l’insertion socioprofessionnelle grâce à la mise en relation entre un chercheur d’emploi [Mentee] et une personne bénévole expérimentée [Mentor] désireuse de jouer un rôle de guide afin de soutenir et d’accompagner le demandeur d’emploi dans son insertion socioprofessionnelle. La relation « mentorale » se caractérise par l’ouverture à l’autre, la réciprocité et la gratuité. C’est une démarche positive et volontaire tant de la part du mentor que du mentee.

 

Pour bénéficier de l'accompagnement de ce dispositif, le ou la mentee (personne accompagnée) doit remplir les conditions suivantes :

  • Être chercheur.se d’emploi étranger ou d’origine étrangère
  • Être dans les conditions requises pour accéder au marché du travail (permis de travail requis ou dispense)
  • Se débrouiller en langue française ou anglaise
  • Être disponible pour la recherche d’emploi
  • Avoir envie d’être parrainé.e

Le ou la mentor (personne accompagnante)doit :

  • Être actif.ve professionnellement
  • Recevoir son mentee minimum 2 fois par mois sur son lieu de travail
  • Participer à un atelier de sensibilisation à l’interculturalité (assuré par le Centre Régional d’Intégration compétent)

 

Les programmes de mentorat en entreprise poursuivent plusieurs objectifs : avoir une meilleure connaissance d’un métier, se familiariser avec les codes de conduite et la culture du monde du travail et enfin de se connecter à un réseau professionnel. Plus largement, le mentorat encourage les rencontres et la création de liens sociaux de proximité. Enfin, l’objectif principal est l’insertion socioprofessionnelle du public visé en impliquant le monde du travail.

Cette pratique est testée et approuvée depuis de nombreuses années non seulement en Belgique mais aussi à travers le monde....elle est donc un outil intéressant à développer car porteur pour l'insertion professionnelle.

 

  • Le projet MentorYOU, qui bénéficie du soutien actif de l’IBEFE Hainaut Sud et du Centre régional d’intégration de Charleroi (CRIC) vise la formation de binômes solidaires - mentor / mentee - afin de favoriser l'insertion socio-professionnelle de personnes en recherche d'emploi. Ce projet d'accompagnement de chercheur.euse.s d’emploi d’origine étrangère dans la région de Charleroi, piloté par l’asbl Pour la Solidarité (PLS), est financé par le Fonds Mestdagh - pour une société pleine d'opportunités - géré par la Fondation Roi Baudouin. 
  • Le projet Net2Work est lui porté par l’IBEFE de Namur en partenariat avec le Centre d’Action Interculturelle (C.A.I.) qui est le centre régional d’intégration de la province de Namur. L’IBEFE Namur se charge de trouver des entreprises et des mentors volontaires tandis que le C.A.I. encadre les duos, organise la formation pour les mentors, fait le suivi et l’évaluation du programme, etc. 

Contacts et infos complémentaires : voici les liens des sites internet où les projets de mentorat sont expliqués :

Pour Hainaut Sud : MentorYou :

  • https://www.instancebassin-hainautsud.be/pages/actions-projets/emploi-et-interculturalite/projets.html
  • Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – 071/20.96.37

Infos PLS :

  • http://www.pourlasolidarite.eu/fr/project/mentorat-vers-lemploi-dans-la-region-de-charleroi-mentoryou
  • Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – 0472/13.55.85

Pour Namur : Net2Work

  • http://www.cainamur.be/ - Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – 081/73.71.76
  • http://www.bassinefe-namur.be/ - Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – 081/48.69.21

 

D’autres IBEFE viennent en soutien à des projets similaires portés par les CRI ou les Associations locales. Ils travaillent ensemble sur les opportunités offertes par le mentorat. Pour plus d’infos à ce sujet :

Pour le Brabant Wallon :

  • Contact  CRIBW (Centre Régional d'Intégration du Brabant Wallon) : Jamila ARRAS - 067/79.04.60 – 0470/18.36.47 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • Contact IBEFE Brabant Wallon  : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – 067/79.49.72

Pour Mons-Borinage et Wallonie Picarde : Mentorat d’insertion professionnelle, soutenu par le Fonds social européen :

  • Au CIMB (Centre Interculturel de Mons et du Borinage)  : Céline Chevalier – 0490/410 359 – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • A l’IBEFE Hainaut-Centre : Christopher Lefebvre - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • A l’IBEFE Wallonie picarde : Audrey Delattre -  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

WAPI :

  •  l’ASBL Choq : « Duos de Choq » : mentorat avec des personnes en dernières années de travail ou retraités :  André Degraeve -  065/45.55.78 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Namur : (un autre dispositif de mentorat existe avec les personnes retraitées ou dehors de leurs heures de travail) Mentorat interculturel namurois (MIN) soutenu par la Fondation Roi Baudouin et le Fonds social européen

  • Au C.A.I. (Centre d'action interculturelle de la Province de Namur) : : Emilie JUSNIAUX – 081/71 35 12 – 0496/81 67 47 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Source : Le Forem - Legaye Annette

Des contes, des musiques, de la cuisine… Du 8 au 19 mai, Marchin vivra aux rythmes du Burkina Faso à travers la quinzaine AKILISO. Le 19 mai, aura lieu la journée de clôture, ouverte à tous les curieux. Mais d’où vient l’organisation de cette quinzaine ? Quelles activités y sont proposées ? Quel est donc le but d’AKILISO ?  Retour sur une explosion de couleurs et de senteurs africaines qui a fait sa petite place dans la vie de la commune.

En 2008, Albert Deliège, directeur de l’ASBL Devenirs, et Alain Hema, directeur du « Théâtre Eclair », compagnie burkinabé, se rencontrent et une première action commune voit le jour : les stagiaires de l’ASBL Devenirs découvrent les artistes de la troupe théâtrale au travers de leurs animations. De ces moments riches de tolérance et de partage, va jaillir une première étincelle interculturelle.

Doucement, d’année en année et d’actions en actions, la flamme s’accroit et, en 2013, l’opération se fait plus audacieuse : elle se propage à la commune de Marchin en s’associant à ses services (CPAS, PCS). L’objectif ? Proposer des animations ludiques aux habitants du Condroz, créer des rapports intergénérationnels et multiculturels qui permettront l’échange de visions différentes de la vie sur fond de divertissement. C’est ainsi que les discussions et échanges naissent autour d’un cinéclub, de créations de masques ou d’instruments de musique, de mise en scène de contes burkinabés, de danse ou de cuisine africaine.

Cette année le feu de joie de la quinzaine se clôturera le samedi 19 mai lors d’une grande journée de présentations des activités d'Akiliso et le festival de djembés « Afriquement dingue », organisé par l’association Kondroka. Cette grande journée, ouverte à tout le monde, se déroulera dans les locaux de l’ASBL Devenirs (5 rue du Parc à Marchin).

Plus d'infos sur le site de Devenirs ou sur la page facebook d'Afriquement Dingue.

 

Quand l’IBEFE et la MIRHW passent derrière la caméra…

Les discriminations ont la dent dure. Comment les combattre quand on porte un nom à consonnance étrangère, qu’on ne parle pas très bien la langue du pays et qu’on cherche un travail ? Et si, plutôt que de verser dans l’ombre de l’anonymat, on se mettait en pleine lumière pour prouver qu’on n’est pas qu’un cliché ? Retour en arrière sur la saga de cet été : les capsules « CV-vidéo » de la MIRHW et de l’IBEFE.

Ils s’appellent Jafar, Majd, Hani ou encore Mohammed. Ils viennent d’Irak, de Syrie et d’Iran. Mais peu importe d’où ils viennent : ils sont aujourd’hui en Belgique. Et c’est dans l’arrondissement de Huy-Waremme que ces personnes ont élu domicile et souhaiteraient pouvoir travailler.

Depuis janvier 2017, l’IBEFE de Huy-Waremme, à l’instar des autres bassins, s’est vue dotée d’une chargée de mission « prévention radicalisme ». Sous ce terme fort, se cache en réalité une volonté de la Région Wallonne d’améliorer l’insertion socio-professionnelle des personnes primo-arrivantes. L’intitulé de cette fonction devrait prochainement se changer en « Emploi et Interculturalité, si cette dénomination est avalisée par le cabinet du Ministre de l’Economie, de l’Emploi et de la Formation, Pierre-Yves Jeholet. C’est donc, tout naturellement, qu’une collaboration a vu le jour entre la responsable des dossiers des primo-arrivants de la MIRHW et la chargée de missions de l’IBEFE.

En mai, une réflexion commune émanait des échanges entre la MIRHW et l’IBEFE : si les CV anonymes ne protègent pas les personnes de discriminations à l’embauche, puisqu’à un moment donné leurs identités sont dévoilées, pourquoi ne pas jouer la carte inverse ? Celle de la visibilité.

Ainsi, profitant de l’omniprésence des nouvelles technologies, l’IBEFE et la MIRHW ont décortiqué ce qui se faisait en matière de CV-vidéo pour en définir une vision commune. Très populaire dans les pays anglo-saxons et américains, le CV-vidéo, qui serait mieux nommé « Lettre de motivation – vidéo », permet à l’employeur d’avoir un aperçu direct de la personne qui postule ; un « mini-entretien d’embauche » qui déterminera si une rencontre réelle entre l’employeur et le candidat aura lieu. Si cela peut être à double tranchant, cette technique permet néanmoins d’éviter une perte de temps des deux côtés. D’ailleurs, en termes d’efficacité de ce support, la MIRHW et l’IBEFE en sont au stade de l’analyse afin de déterminer si ce projet pilote vaut l’énergie d’être poursuivi.

Mais, pour nos primo-arrivants, le défi va au-delà. S’exprimer devant une caméra n’est pas chose aisée : posture, diction, langage non-verbal, … Autant de critères dont il faut tenir compte pour un CV-vidéo réussi. L’exercice est encore moins évident quand on ne maitrise pas la langue utilisée dans la capsule vidéo. Et, pourtant, ils l’ont fait : répétant sans relâche les mots sur lesquels ils butaient, écoutant les conseils pour se tenir correctement face à la caméra. Recommencer encore et encore jusqu’à avoir une prise parfaite. Une détermination qui, on l’espère, leur apportera ce qu’ils recherchent : un emploi dans le bassin de Huy-Waremme.   

 

Les capsules vidéo

 

En savoir plus sur le sujet?

http://etudiant.lefigaro.fr/stage-emploi/actu/detail/article/cinq-techniques-infaillibles-pour-un-cv-video-reussi-20343/

 

Dans le cadre de l’aide à l’insertion socio-professionnelle des personnes d’origine étrangère, deux rencontres ont eu lieu entre les représentants de FEDASIl en charge des ILA (Initiative Locale d’Accueil) de l’arrondissement Huy-Waremme, les CPAS gérant ces ILA et l’IBEFE. Deux réunions (21/09 et 05/10) ont eu lieu pour permettre à l’IBEFE de présenter ses projets en matière d’ISP mais aussi d’écouter les CPAS, leurs demandes et leurs questionnements.

Depuis son entrée en fonction, la chargée de mission en insertion socio professionnelle des personnes d’origine étrangère (prévention radicalisme) a sillonné le bassin de Huy-Waremme afin de présenter ses missions mais également celles de l’IBEFE.

Face à un turn-over de personnel important, les CPAS sont souvent démunis quant aux partenaires à contacter pour trouver une formation ou une prise en charge efficace pour l’insertion socio-professionnelle du public des ILA.

Outre les classiques « problèmes de mobilité » et « coût du logement » spécifiques à notre territoire, viennent s’ajouter d’autres problématiques inattendues pour l’ensemble des acteurs de terrain rencontrés.

Les priorités : pour de nombreux acteurs de premières lignes, la priorité est avant tout de fournir un toit à ces personnes. Or, c’est indéniable, porter l’étiquette CPAS, doublée de celle de « personne d’origine étrangère » (POE), rend la tâche ardue. Une moitié de POE choisissent également de s’orienter vers les villes comme Bruxelles ou Liège, où les loyers sont plus abordables et où ils se créeront plus facilement un réseau de connaissances, indispensable à leur insertion socio-professionnelle. 

Des profils de formations des POE : Les CPAS accueillent des profils soit très peu qualifiés, et parfois même non scolarisés, soit des profils hautement qualifiés (bachelier ou masters). L’existence de ces deux profils différents complexifie également l’offre de formation alpha/FLE à proposer, mais aussi la manière de traiter chaque dossier.

L’équivalence de diplômes : En termes d’équivalence de diplômes, les démarches, mêmes simplifiées, restent fastidieuses pour des personnes ayant fui un pays. De plus, la plupart de ces équivalences aboutissent à un bachelier/master générique donnant un niveau et non contenu de formation.

S’il n’y a pas de solution parfaite, des pistes de réflexions sont en cours depuis janvier 2017 au niveau régional (ensemble des chargés de missions prévention radicalisme) et dans plusieurs domaines : le mentorat, la validation des compétences pour un public alpha/FLE, cours de français proposés aux PEO peu qualifiés en fonction de l’objectif de carrière que la personne, … Et bien entendu, le projet pilote des « CV-vidéo » (collaboration IBEFE - MIRHW) a également été présenté lors de ces deux réunions afin d’optimiser les synergies possibles à développer avec tous les acteurs de l’ISP.


Fin 2016 - début 2017, chaque IBEFE s’est vue dotée d’un chargé de mission « prévention radicalisme » travaillant sur l’insertion socio-professionnelle des populations étrangères. Dans un premier temps, l’objectif de cette fonction est d’établir un diagnostic du territoire du bassin en termes d’offre de formations et d’initiatives à l’insertion socio-professionnelle de ces personnes. La phase suivante sera d’informer tous les acteurs de terrain de ce qui existe déjà en la matière afin qu’une meilleure coordination en résulte. 

Ils viennent de loin, ils n’ont pas la même culture, ils n’ont pas la même langue, … « Ils », ce sont les migrants, comme les médias les désignent. Ils ont quitté leur pays, plongé dans le chaos, pour obtenir un statut de réfugié en Belgique. « "Les réfugiés vont prendre le travail des Belges", "ils ne s’intégreront pas", "des terroristes infiltrés" : ces clichés ont la vie dure. ». Voici le titre éloquent d’un article paru dans le quotidien « La Libre Belgique » en septembre 20151. Pourtant, en grattant le vernis de ces préjugés, on pourrait déceler une richesse inattendue qui ne demande qu’à être cultivée.

La multiculturalité : une donnée incontournable de notre société

L’immigration n’est pas un fait récent : italiens, espagnols, portugais, marocains, roumains, … Tout au long du 20ème siècle jusqu’à aujourd’hui, les nationalités se sont succédées et, doucement, la multiculturalité s’est mise en place. Mais si ces personnes d’origine étrangère ont su se faire une place dans notre pays, sans aide institutionnelle, pourquoi aider les nouveaux arrivants ?

Le parcours d’obstacles avant l’arrivée à l’emploi

En rencontrant les associations d’aide aux migrants et les travailleurs des CPAS, un constat s’établit rapidement : « ils » ne demandent qu’à s’insérer dans la vie active au plus vite pour recommencer une nouvelle vie. Mais les difficultés sont nombreuses : l’apprentissage du français, l’accès au logement, l’équivalence des diplômes, la compréhension du système belge... Le chemin vers l’emploi semble encore bien lointain tant que ces premiers obstacles ne sont pas franchis. Mais, au-delà des barrières linguistique et culturelle, se cachent des compétences professionnelles qui pourraient devenir un atout pour notre territoire. Ils sont vétérinaires, policier, ou encore maçon, professeur d’université, mécanicien et ingénieur. Pourtant, sans aide extérieure, la majorité des personnes d’origine étrangère trouveront un travail « déqualifiant », c’est à dire bien en-dessous de leurs réelles compétences.

Et les générations suivantes ?

Belges parce que nés ici, étrangers parce que leurs racines sont ailleurs : ce sont les deuxième ou troisième générations issues de l’immigration. Il s’avère que l’insertion sur le marché de l’emploi reste difficile pour ces publics. Et lorsque discrimination rime avec exclusion, les risques de voir ces personnes se tourner vers certaines formes de radicalisme augmentent.


(1)http://www.lalibre.be/actu/belgique/les-refugies-vont-prendre-le-travail-des-belges-ils-ne-s-integreront-pas-des-terroristes-infiltres-ces-cliches-ont-la-vie-dure-55ef307b3570b0f19e7e7579