Quand l’IBEFE et la MIRHW passent derrière la caméra…

Les discriminations ont la dent dure. Comment les combattre quand on porte un nom à consonnance étrangère, qu’on ne parle pas très bien la langue du pays et qu’on cherche un travail ? Et si, plutôt que de verser dans l’ombre de l’anonymat, on se mettait en pleine lumière pour prouver qu’on n’est pas qu’un cliché ? Retour en arrière sur la saga de cet été : les capsules « CV-vidéo » de la MIRHW et de l’IBEFE.

Ils s’appellent Jafar, Majd, Hani ou encore Mohammed. Ils viennent d’Irak, de Syrie et d’Iran. Mais peu importe d’où ils viennent : ils sont aujourd’hui en Belgique. Et c’est dans l’arrondissement de Huy-Waremme que ces personnes ont élu domicile et souhaiteraient pouvoir travailler.

Depuis janvier 2017, l’IBEFE de Huy-Waremme, à l’instar des autres bassins, s’est vue dotée d’une chargée de mission « prévention radicalisme ». Sous ce terme fort, se cache en réalité une volonté de la Région Wallonne d’améliorer l’insertion socio-professionnelle des personnes primo-arrivantes. L’intitulé de cette fonction devrait prochainement se changer en « Emploi et Interculturalité, si cette dénomination est avalisée par le cabinet du Ministre de l’Economie, de l’Emploi et de la Formation, Pierre-Yves Jeholet. C’est donc, tout naturellement, qu’une collaboration a vu le jour entre la responsable des dossiers des primo-arrivants de la MIRHW et la chargée de missions de l’IBEFE.

En mai, une réflexion commune émanait des échanges entre la MIRHW et l’IBEFE : si les CV anonymes ne protègent pas les personnes de discriminations à l’embauche, puisqu’à un moment donné leurs identités sont dévoilées, pourquoi ne pas jouer la carte inverse ? Celle de la visibilité.

Ainsi, profitant de l’omniprésence des nouvelles technologies, l’IBEFE et la MIRHW ont décortiqué ce qui se faisait en matière de CV-vidéo pour en définir une vision commune. Très populaire dans les pays anglo-saxons et américains, le CV-vidéo, qui serait mieux nommé « Lettre de motivation – vidéo », permet à l’employeur d’avoir un aperçu direct de la personne qui postule ; un « mini-entretien d’embauche » qui déterminera si une rencontre réelle entre l’employeur et le candidat aura lieu. Si cela peut être à double tranchant, cette technique permet néanmoins d’éviter une perte de temps des deux côtés. D’ailleurs, en termes d’efficacité de ce support, la MIRHW et l’IBEFE en sont au stade de l’analyse afin de déterminer si ce projet pilote vaut l’énergie d’être poursuivi.

Mais, pour nos primo-arrivants, le défi va au-delà. S’exprimer devant une caméra n’est pas chose aisée : posture, diction, langage non-verbal, … Autant de critères dont il faut tenir compte pour un CV-vidéo réussi. L’exercice est encore moins évident quand on ne maitrise pas la langue utilisée dans la capsule vidéo. Et, pourtant, ils l’ont fait : répétant sans relâche les mots sur lesquels ils butaient, écoutant les conseils pour se tenir correctement face à la caméra. Recommencer encore et encore jusqu’à avoir une prise parfaite. Une détermination qui, on l’espère, leur apportera ce qu’ils recherchent : un emploi dans le bassin de Huy-Waremme.   

 

Les capsules vidéo

 

En savoir plus sur le sujet?

http://etudiant.lefigaro.fr/stage-emploi/actu/detail/article/cinq-techniques-infaillibles-pour-un-cv-video-reussi-20343/

 

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