La mixité peut-elle exister dans tous les métiers ? Quel est l’apport de celle-ci pour une entreprise ? Ou plus simplement pour la société ? Autant de questions sur lesquelles la journée « Un emploi pour Dominique ? H/F » a ouvert le débat.

Ce 12 décembre 2017 au Centre Culturel de Huy, la Chambre Emploi-Formation de Huy-Waremme a organisé une journée sur le thème de la mixité des métiers. Celle-ci avait pour but de promouvoir la diversité des orientations chez les adultes dans des métiers « non traditionnels »  pour leur sexe et de favoriser la mixité de genre dans le milieu professionnel.

Les travaux de la Chambre Emploi-Formation ont eu le privilège d’être ouverts par Madame Isabelle Simonis, Ministre de l'Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l'Egalité des chances. La Ministre a insisté sur l’importance de la mixité dans tous les domaines de la société en traçant un parallèle avec la présence des femmes dans le sport. S’en est suivi une présentation de l’étude « les femme et l’emploi atypique » réalisée en 2012 par la fondation Travail-Université par les femmes CSC et présentée par Gaëlle Demez, responsable nationale des femmes CSC.  Celle-ci a  présenté la place professionnelle de la femme dans la société actuelle autour de quatre thèmes essentiels : la sécurité socioéconomique (inégalités de revenu et précarité) ; les conditions de travail ; la conciliation entre vie professionnelle  et vie privée  et la satisfaction et l'épanouissement au travail.

Télécharger le discours de Madame la Ministre Isabelle Simonis

La mixité tant pour les femmes que pour les hommes

Tout au long de la matinée, les intervenant(e)s se sont succédé(e)s : les un(e)s pour témoigner des efforts mis en place par certaines entreprises pour engager cette mixité dans leur vision à long terme ; les autres pour témoigner de leur parcours dans un métier a priori non traditionnel  à leur sexe. On a pu entendre les dispositions mises en place par le TEC pour engager des femmes dans le métier de chauffeur. Ou l’exemple d’Engie qui a engagé deux électriciennes, pas parce qu’elles étaient des femmes, mais tout simplement pour leurs compétences dans ce domaine. Mais encore Julie, matelote en marchandises, et non dans le tourisme comme c’est souvent attendu , « a priori ». Et puis, Alain qui est puériculteur et s’amuse quand des parents l’interpellent en lui demandant « Vous n’auriez pas vu la puéricultrice ? » parce « qu’a priori » on aurait tendance à rechercher une femme dans ce métier. Et enfin, Thierry qui, après une carrière en tant que couvreur, exerce enfin le métier d’aide-soignant tel qu’il avait toujours souhaité le faire. Mais, il y a 20 ans, son entourage le lui avait interdit parce que ce n’était pas « a priori » un boulot masculin.

 

Réflexions versus stéréotypes

Mixité socioprofessionnelleDes parcours atypiques ? Oui, si l’on se réfère à une norme genrée. Et c’est bien l’a priori de genre que les travaux et réflexions de groupes de l’après-midi ont tenté d’analyser pour déconstruire les mécanismes qui créent les stéréotypes, souvent inconscients, culturellement et durablement ancrés dans nos mentalités. Et s’il est légitime de se demander comment une femme pourrait supporter physiquement le labeur quotidien d’un maçon ; il est intéressant de confronter cette réalité à celle d’une une infirmière amenée à porter des « charges » toutes aussi lourdes.

Certains diront que les débats ont essentiellement tourné autour de l’inclusion des femmes dans certaines catégories de métiers. Il est vrai que l’accès à des emplois typiquement masculins reste ardu pour la gent féminine et que cette problématique engendre de nombreuses questions. Mais il ressort de la journée que les réflexions sont à pousser plus loin que le clivage classique « Homme-Femme » : il devient indispensable dans notre société en évolution d’apprendre à regarder au-delà des clichés sexués afin de percevoir les compétences de la personne en tant que telle, et ce de manière asexuée.

 

 

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