Enquête covid

Impact financier, stages supprimés ou annulés, équipes éducatives sous tension, adaptation pédagogique au virtuel… Quelles sont les conséquences de la crise sur l’offre de formation et d’enseignement ? L’IBEFE de Huy-Waremme vous répond.

 

Lors de l’Instance du 10 décembre 2020, l’équipe de l’IBEFE a présenté une synthèse des résultats issus de l’enquête « impact de la crise COVID sur l’offre d’enseignement et de formation ». Celle-ci, répondant aux missions décrites aux articles 13, 14 et 15 de l’accord de coopération,  a été menée sur l’ensemble des bassins wallons.

Au départ, la sollicitation des opérateurs s’est effectuée via un questionnaire envoyé par courriel. Cette première vague n’ayant permis de récolter que les retours de 3 opérateurs, l’équipe de l’IBEFE de Huy-Waremme a proposé aux acteurs de terrain de répondre aux questions par de rapides entretiens en vidéoconférence. Ce changement de méthodologie s’est révélé doublement bénéfique permettant de recréer un lien visuel et sonore avec les opérateurs et de recueillir bien plus de matière que par l’écrit auprès de 24 autres opérateurs.

Sans surprise, les résultats de l’enquête ont mis au jour des répercussions négatives, tant pour l’enseignement que pour la formation. Les opérateurs soulignent l’importance du présentiel pour leur public et l’effet nocif d’un distanciel trop long sur celui-ci. Par exemple, un décrochage plus important qu’à l’habitude est observé auprès d’élèves du CEFA ; un enseignement où le contact humain est prégnant. Quant aux adultes suivant une formation, la priorité de celle-ci s’est vue reléguée à un niveau inférieur, passant après la garde des enfants ou le télétravail du conjoint. La fracture numérique, déjà porteuse d’inégalités, s’est également vue renforcée par cette distance pédagogique.

Effet de loupe de la crise sanitaire : les formations qualifiantes observent une chute bien plus prononcée de leur population à la rentrée de septembre. Certaines options n’ont pas pu être dédoublées comme à l’habitude et d’autres n’ont tout simplement pas pu s’ouvrir. Les facteurs de cette diminution de fréquentation sont multiples : peur de s’engager sur plusieurs mois dans une formation ; réduction des places disponibles dans certaines options pour respecter les distanciations sanitaires ; difficulté, voire impossibilité, de suivre certains cours pratiques en distanciel ; non-orientation des élèves de l’enseignement secondaire, …

S’ajoute à cela la problématique de trouver un endroit de stage. Pas toujours aisée en période normale,  la tâche devient d’autant plus ardue en période de crise sanitaire : le respect des normes sanitaires, la réticence des employeurs à intégrer une personne extérieure dans leur équipe, les problèmes financiers des petites enseignes sont autant d’obstacles supplémentaires.  Certains secteurs comme l’Horeca ou la vente sont particulièrement impactés même si ceux-ci font preuve de beaucoup de créativité pour s’adapter (plats à emporter, click & collect, …). Une question sous-jacente ressort des résultats de l’enquête : quelle sera la vision des entreprises face aux diplômes des élèves et étudiants sortis de ces années perturbées ?

Le contrecoup financier n’est bien entendu pas négligeable non plus, que ce soit pour les opérateurs ou pour leur public. Dans certains centres de formation, les charges financières ont augmenté avec l’achat et l’installation d’équipement de protection tandis que leurs ressources s’amenuisaient. Et malgré l’arrêt total de l’activité, les équipes des CFISPA n’ont pu bénéficier du chômage économique. Dans l’enseignement, l’impact budgétaire risque de se ressentir dans les années qui suivent : les périodes-professeurs sont calculées sur la fréquentation des options l’année précédente. Si certains établissements semblent épargnés, la tendance observée révèle plutôt une chute de fréquentation de nombreuses sections.

Moins visibles et pourtant bien présents, l’anxiété et la fatigue des équipes éducatives sont le corolaire de cette crise sanitaire. L’effet de déstructuration, la désorganisation du travail par le changement continuel des mesures et le fait de devoir s’adapter en permanence aux procédures fluctuantes nuisent fortement au moral des troupes.

Si les constats de l’enquête semblent bien sombres, il y a néanmoins des aspects positifs qui pourraient influer sur les futures habitudes pédagogiques des opérateurs. Tous semblent considérer cette crise comme un tremplin à l’utilisation du numérique : équipes éducatives et publics se sont formés sur le tas et ont inclus ces nouvelles pratiques dans leur quotidien. Personne ne semble enclin à l’avenir à revenir en arrière sur ces nouvelles compétences numériques.

Certains opérateurs semblent être moins touchés par cette crise, voire préservés, à l’image des 3 établissements de l’enseignement spécialisé du bassin. Dans l’enseignement de Promotion sociale, certaines sections ont vu leur fréquentation augmenter (gestion, CESS, CAP). L’usage du distanciel a permis à un public de suivre des formations qu’habituellement il n’aurait pu suivre parce que géographiquement éloigné.

Cette crise sanitaire n’a pas encore révélé toutes ses conséquences ; certaines sont à envisager dans un avenir à moyen-long terme. Mais en ce qui concerne les répercussions actuelles, il est important de souligner que les secteurs de l’enseignement et de la formation ne manquent pas de ténacité, de créativité et d’adaptabilité pour faire face à une situation inédite et déstabilisante.

  

 

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